La Psychomotricité : L’équilibre entre le corps et l’esprit
La psychomotricité est une discipline de santé paramédicale qui considère l’individu dans sa globalité. Elle part du principe que les fonctions motrices (le mouvement) et les fonctions psychiques (la pensée, les émotions) sont intimement liées et s’influencent mutuellement.
Qu’est-ce que la psychomotricité ?
La psychomotricité aide les personnes à mieux percevoir leur corps, à le maîtriser et à l’utiliser comme un outil de communication et d’expression. Elle agit sur le tonus, la posture, l’orientation dans l’espace et le temps, ainsi que sur la gestion des émotions à travers le mouvement.
Le praticien est le psychomotricien, un professionnel de santé diplômé d’État agissant sur prescription médicale. Son approche est souvent plus corporelle et ludique que celle du psychologue, et plus globale que celle du kinésithérapeute.
Les champs d’intervention
Le psychomotricien intervient à tous les âges de la vie pour traiter divers troubles du développement ou de l’adaptation.
1. Chez le nourrisson et l’enfant
C’est le domaine d’intervention le plus connu.
Retard du développement moteur : Bébés qui ne se retournent pas, ne tiennent pas assis ou ne marchent pas dans les délais habituels.
Troubles des apprentissages : Dyspraxie (maladresse pathologique), dysgraphie (difficulté d’écriture).
TDAH et agitation : Aider l’enfant à canaliser son énergie et à améliorer son attention par le contrôle du corps.
Troubles de la latéralité : Difficulté à choisir sa main dominante ou à distinguer la droite de la gauche.
2. Chez l’adolescent et l’adulte
Troubles de l’image corporelle : Anorexie, boulimie, ou mauvaise estime de soi se manifestant par une gêne corporelle.
Gestion du stress et de l’anxiété : Utilisation de techniques de relaxation pour apaiser les tensions psychiques qui se « cristallisent » dans les muscles.
Tics et bégaiement : Travail sur le relâchement tonique.
3. Chez la personne âgée
Prévention des chutes : Travail sur l’équilibre et la confiance en ses capacités motrices.
Maladies neurodégénératives : Dans la maladie d’Alzheimer, la psychomotricité permet de maintenir un lien avec la réalité et de réduire l’angoisse par le toucher et la stimulation sensorielle.
Les outils du psychomotricien
La séance de psychomotricité n’est pas une séance de sport, mais un espace d’expérimentation corporelle.
Le jeu et le parcours moteur : Pour travailler la coordination, l’équilibre et l’organisation dans l’espace.
La relaxation : Pour prendre conscience de son tonus musculaire et apprendre à le réguler.
L’expression corporelle et le mime : Pour favoriser la communication non-verbale.
La médiation sensorielle : Utilisation de textures, de sons ou de lumières (méthode Snoezelen) pour apaiser ou stimuler.
FAQ : Questions fréquentes sur la psychomotricité
Quelle est la différence entre psychomotricité et ergothérapie ?
L’ergothérapeute se concentre sur l’activité et l’autonomie (comment faire pour que l’enfant puisse s’habiller seul ?). Le psychomotricien se concentre sur le vécu du corps (comment l’enfant ressent-il son corps dans l’action ?). Ils sont souvent complémentaires.
Combien de temps dure une prise en charge ?
Cela commence toujours par un bilan psychomoteur. Ensuite, le suivi peut durer de quelques mois à un an, selon l’objectif (corriger un trouble du graphisme ou accompagner un handicap lourd).
Les séances sont-elles remboursées ?
En structure (CMP, hôpital), elles sont gratuites. En cabinet libéral, la Sécurité Sociale ne rembourse pas la psychomotricité. Cependant, des aides existent via la MDPH ou certaines mutuelles, et des plateformes de coordination (PCO) permettent parfois une prise en charge pour les jeunes enfants.
Quand consulter ?
Si vous trouvez votre enfant particulièrement maladroit, s’il a du mal à tenir son stylo, s’il est « trop » agité, ou si un proche âgé commence à perdre ses repères spatiaux et craint de tomber.